The Island : seuls au monde, la survie selon M6

Mardi 19 mai, M6 lançait en prime time le premier épisode de sa télé-réalité de survie, suivie en deuxième partie de soirée d’un reportage sur les secrets du tournage : The Island, les secrets de l’île. Ces quatre longues heures de diffusion, entrecoupées par les commentaires du spécialiste de la survie en condition extrême, l’aventurier Mike Horne, ont donc pris l’apparence d’une sorte de cours de survie (il faut bien se préparer à une éventuelle fin du monde !) version M6. Cette émission inédite en France a cependant remporté une audience moyenne en réunissant 2 695 000 curieux, soit 12,1 % de part du marché en première partie de soirée et seulement 732 000 téléspectateurs en seconde partie.

Montée à la manière d’un documentaire animalier sur l’homme confronté à ses instincts primitifs dans une situation de survie extrême, cette expérience, 100 % virile, s’est déroulée entre « gros bras ». En effet, la survie selon M6 prend la forme d’une « horde d’homme » ou d’une sorte de « commando de l’extrême » (au choix !) excluant toute présence féminine. Probablement que les barbecues de chauve-souris, blattes, serpents et autres insectes terrifiants, dont nos participants, en bons guerriers, ramènent même des trophées, ne seraient pas assez au goût de la gente féminine. Et puis il faut dire que les conditions sont rudes pour les candidats, à la différence de Koh Lanta, ici, pas de riz pour égayer les jours de diète forcée. On souffre à 200 %, quitte à frôler la déshydratation. Bref, une faible femme n’aurait probablement pas sa place dans cette horde virile venue souffrir pour se dépasser et se sentir vivre !

En effet, lorsque l’on visionne les portraits des candidats, force est de constater que notre société moderne et son confort à portée de main semble empêcher beaucoup d’entre eux d’accéder au fameux « connais-toi toi-même » socratique. Rien de mieux donc pour apprendre à se connaître, tester ses limites (ou ne serait-ce que les découvrir), se sentir vivant ou encore accéder au changement, que de s’offrir un petit séjour filmé au milieu de l’enfer d’une jungle hostile ! On quitte donc nos « machines de torture » contemporaines, pour reprendre le qualificatif que l’un des participants (Béranger) donne lui-même à son fer à cheveux fétiche, pour se torturer le corps d’une autre façon, dans l’espoir d’enfin se confronter à soi-même en retrouvant un semblant d’instinct naturel.

Mais peut-être que le problème est bien là : nos sociétés contemporaines finiraient-elles par anesthésier toutes sensations au point qu’il nous faille trouver de nouveaux moyens de torture pour nous sentir vivant ? Les émissions de survie seraient-elles le reflet d’un besoin de changement contemporain ? Un besoin de changement qui passerait par des expériences dangereuses, promptes à reconnecter avec des besoins vitaux oubliés par l’homme moderne ?

Pour finir avec le mot du Huffington Post, après la tragédie de Dropped, M6 est en tout cas « vraiment « seule au monde » à abandonner des individus lambdas dans de telles conditions » …

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