Et au fait l’émission Adam recherche Eve aurait-elle disparu dans les limbes ?

Si les îles désertes perdues au milieu de nulle part représentent un décor télévisuel idéal pour les émissions de télé-réalité, il n’y a qu’à voir les succès de Koh Lanta et de The Island, seuls au monde, certaines semblent cependant moins avoir la cote que d’autres. Ainsi en est-il de l’île paradisiaque et luxuriante de l’émission Adam recherche Eve, sur laquelle les candidats sélectionnés par D8 se prêtaient à des dating entièrement nus, jusqu’à ce que l’émission, virant un tantinet au flop après avoir surfé sur un buzz évocateur de quelque ballon de baudruche, disparaisse brusquement dans les limbes après la diffusion de seulement 6 épisodes sur les 10 prévus. Mais que s’est-il donc passé ?

De nos jours, si on veut avoir de beaux jours télévisuels devant soi, sur une île déserte il vaut mieux souffrir dans des conditions de survie extrêmes, que roucouler à poil devant les caméras ! Cela passe apparemment mieux auprès du CSA et des bonnes mœurs de (re)jouer la survie d’Homo sapiens durant les rudes conditions de « l’ère glaciaire », que la luxure propre à « la sélection naturelle », plus propice à se développer dans un cadre naturel offrant des conditions de vie idéales pour la reproduction de l’espèce ! Forcément ne pas se laver, mal dormir et ne pas manger pendant 40 jours, ça coupe la libido ! Et quant à tuer un caïman à coup de machette, c’est surement plus utile et surtout moins sexy (encore que !) que d’exhiber oisivement ses attributs devant tout le monde.

Choqués par les « connotations sexuelles » d’Adam recherche Eve, des téléspectateurs auraient ainsi saisi le CSA et porté plainte auprès de lui contre l’émission. Réagissant comme à son habitude après que le virus télévisuel se soit répandu, le CSA a donc récemment mis en garde D8. Aussi, si le navet proposé par la chaîne devait sortir des limbes dans lesquels il a disparu pour une deuxième saison, il risquerait d’être interdit au moins de 12 ans et de passer en seconde partie de soirée. Le CSA a aussi invoqué une vigilance quant à la diffusion des bandes annonces comportant « des scènes susceptibles de heurter la sensibilité du jeune public. »

Bref, à la télé, il vaut mieux des connotations masochistes que sexuelles. Risquer de se casser une jambe ou de se déshydrater, oui, mais risquer de se reproduire, surtout pas ! On est déjà assez nombreux comme ça ! On en oublierait presque que les connotations masochistes sont, depuis Freud, également des connotations sexuelles… Mais peut-être que tous ces débats sur une nudité à connotation sexuelle masquent surtout l’idée que, plus que connotée, la sexualité est surtout de nos jours explicite à outrance… A tel point qu’elle finit justement par se désexualiser (pour devenir un pur produit marchand ?)…

 

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