Planifier un film international implique souvent bien plus que de trouver le bon scénario ou la bonne distribution. Les producteurs ont aussi besoin d’un soutien financier qui permette à des équipes créatives de différents pays de travailler ensemble. L’Allemagne et la France soutiennent cet objectif depuis des années grâce à leur programme de coproduction bilatéral « Minitraité » . Le dernier tour de financement poursuit cet effort en aidant cinq nouveaux projets à se rapprocher de la sortie en salles.
Un soutien transfrontalier
Le Comité de coproduction franco-allemand a annoncé les derniers bénéficiaires de son programme « Minitraité », attribuant un total de 1 149 250 € à cinq projets de films. Trois productions se partageront 1 049 250 € d’aide à la production, tandis que deux projets en début de développement reçoivent chacun 50 000 € pour la phase de développement, portant cette catégorie à 100 000 €.
Cette nouvelle sélection comprend trois coproductions à majorité allemande et deux collaborations à majorité française, reflétant l’objectif constant du programme d’encourager les cinéastes des deux pays à travailler ensemble. Outre le partage des coûts de production, ces partenariats permettent aux équipes créatives de conjuguer leurs expertises tout en offrant aux films de meilleures chances d’atteindre des publics internationaux.
Trois productions reçoivent un soutien
En tête de la sélection de cette année figure Arbeit und Struktur, le nouveau long métrage de la réalisatrice allemande Maria Schrader, dont les films précédents incluent I’m Your Man et Stefan Zweig: Farewell to Europe. Le film adapte les écrits autobiographiques de l’auteur allemand Wolfgang Herrndorf et a obtenu 250 000 € du côté allemand et 150 000 € de la France.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur la maladie, l’histoire suit Herrndorf après qu’il a été diagnostiqué d’un cancer du cerveau en phase terminale. Malgré les opérations, la chimiothérapie et la conscience que son temps est compté, il continue d’écrire et finit par achever l’œuvre la plus réussie de sa carrière.
Une autre aide à la production soutient In den Fängen des Autoscooters, le premier long métrage du réalisateur allemand Maximilian Bungarten. Ce drame initiatique avait précédemment reçu une aide au développement via le même programme avant de passer en production. Il reçoit 172 000 € d’Allemagne et 77 250 € de la France.
L’histoire se concentre sur Casper, un apprenti plombier de 18 ans, qui lutte avec la mort accidentelle de son ami le plus proche. Après sa rencontre avec Isaac, un forain roumain, Casper commence peu à peu à affronter son deuil tout en reconstruisant le lien qu’il a perdu.
Une aventure animée rejoint la sélection
L’animation est également représentée avec Paul und die Flussbande, un long métrage familial réalisé par la cinéaste franco-libanaise Chloé Mazlo, surtout connue pour Skies of Lebanon. Le scénario adapte le roman graphique de Chloé Cruchaudet, La poudre d’escampette, avec Cruchaudet qui écrit aux côtés de Clara Bourreau.
Blue Spirit Productions (France) mène le projet, avec Luftkind Filmverleih (Allemagne) comme coproducteur minoritaire. Le financement s’élève à 250 000 € de la France et 150 000 € de l’Allemagne. L’histoire se concentre sur Paul, huit ans, qui explore à contrecœur son quartier inconnu avec son chien, Pauline. Il découvre bientôt un groupe d’enfants aventureux vivant à bord d’un radeau fait maison. Leur amitié l’entraîne rapidement dans une mission mystérieuse riche en découvertes surprenantes.
Des projets en développement progressent
Un financement de développement a également été attribué à deux productions en phase précoce. Chacune reçoit 50 000 € pour poursuivre la préparation de la production. La réalisatrice roumaine Xandra Popescu a reçu l’une des aides au développement pour son projet Daughters of the Burning Heart. Produit par Cornehl, Puhlmann, Schäfer GbR (Allemagne) avec Reality Films (France), cette comédie satirique suit un ordre secret de nonnes berlinoises qui réconfortent les personnes mourantes, jusqu’à ce que leur travail attire une large attention médiatique, les plaçant en conflit avec l’Église catholique.
La seconde aide soutient Das Verschwinden von Paris, réalisé par Stéphane Demoustier, connu pour The Girl with a Bracelet et The Great Arch. Adapté du roman de Martin Page, Das Verschwinden von Paris suit un homme ordinaire qui tente d’accomplir le dernier souhait extraordinaire d’une autre personne.
Bien que les projets sélectionnés abordent des thèmes très différents, chacun démontre comment la coopération franco-allemande continue de soutenir des récits singuliers depuis le développement jusqu’à la production, tout en renforçant les partenariats créatifs à travers l’Europe.